
D’îles en elle jusqu’à en rapporter l’inextinguible essence
Il est en tous cas un temps d’arrêt, un regard en arrière sur le chemin parcouru, un moment
particulier ou l’artiste a eu l’impression d’avoir seulement un peu touché le mouvement qui doit pourvoir la conduire
à réaliser son idée, son image intérieure...
La terre révélatrice de son talent : Les caraïbes ou elle installe sa vie, sa recherche.
Pourtant la voyageuse est encore appelée ailleurs : la Polynésie, terre d’éclosion en sommeil,
inscrite en filigrane sur le fond de ses toiles.
Sa peinture comme un parcours terrestre et onirique, mêlée dans une même impulsion,
portée par les courants souterrains d’une mémoire surhumaine,
instigatrice de l’inspiration et de réminiscences primitives.
Le rythme et la beauté de la peua couleur de miel, la lumière infiniment lumineuse des îles,
la géométrie et la perfection des fleurs tropicales, la fougue
contenue de la mer, la houle tempétueuse des corps enlacés....
Tel est le lien qui unit l’artiste à la réalité intrinsèque des choses.
Chamboulement d’émotions contenu dans la sensualité des peaux, dans les postures alanguies des femmes torrides,
des corps mêlés, de l’homme caillou dans l’effort de la vie....
Aussi, images de vie entrevues au détour d’un marché gravées en mémoire par la fugacité du moment :
une femme montagne, aux seins lourds et lumineux ficèle sur son petit banc un tout petit bouquet de carottes,
un cochon de lait noir tapi à ses pieds, dans l’ombre de sa jupe !
Toutes merveilles de vies données à la toile par la luminosité des couleurs acryliques et la douceur de l’huile,
la rondeur des traits, l’emprunte de la mosaique, le savoir du tissu...
et aussi sans doute le rêve de la peintresse qui conte la légende humaine, celui de la femme endormie,
veillée par une forêt de masques Maoris.
Nathalie Lole
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